Zone à faibles émissions

Intervention – Martine David
Zone à faibles émissions
Conseil métropolitain du lundi 28 janvier 2019

 

Monsieur le Président,

Chers collègues,

Par cette délibération la Métropole de Lyon instaure une zone à faible émission sur une partie de son territoire.

Est-il besoin de rappeler à quel point la pollution de l’air est un enjeu de santé publique majeur et doit être une préoccupation pour les élus que nous sommes? Selon les chiffres connus en France, 48 000 personnes meurent chaque année prématurément du fait de cette pollution et les particules fines font perdre à chaque habitant d’une agglomération de plus de 100 000 habitants près de 15 mois d’espérance de vie.

Ce sont là des données qui nous interpellent et qui renforcent notre détermination face aux enjeux qui s’imposent à nous. Tous les habitants de la Métropole sont en effet exposés à des niveaux de dioxyde d’azote et de particules fines supérieurs à la réglementation. Notre territoire est d’ailleurs concerné par le contentieux européen en cours sur les PM10.

Il faut donc accroître nos efforts, pour mieux protéger les habitants, les enfants et le monde de demain, mais aussi plus prosaïquement pour assurer le maintien de l’attractivité de notre territoire.

La ZFE n’est d’ailleurs pas une mesure isolée, loin s’en faut. Nombre de nos politiques métropolitaines ont pour but de diminuer la pollution automobile en mettant en œuvre des alternatives  de déplacements favorables  aux grandlyonnais et aux pendulaires : 1 milliard d’investissement pour le réseau transports en commun sur le mandat, renforcement des infrastructures cyclables, qui atteindront 1000 km de voies d’ici 2020, renouvellement du contrat Vélo’v et extension au-delà du périmètre Lyon-Villeurbanne, doublement des zones de circulation apaisées. Le  déclassement de l’A6/A7 permettra également le développement des transports en communs, des modes doux et du covoiturage sur cet axe majeur. Enfin la limitation de la vitesse sur le périphérique participe aussi de cette volonté.

Permettez-moi de faire une légère digression à ce propos. C’est en effet devenu un sujet d’opposition plutôt primaire et de beaucoup de mauvaise foi pour certains. Pourtant, toutes les études le disent, l’abaissement de la vitesse à 70 km/h permettra une baisse des émissions polluantes des véhicules légers. Réduire la vitesse permet également d’augmenter la capacité d’une voie, notamment grâce à la réduction des distances de sécurité, de fluidifier le trafic et de réduire la congestion. Bien que le périphérique ne soit pas compris  dans la ZFE, cette mesure permettra de diminuer la pollution causée par cette infrastructure. Nous savons que cette décision est difficile à prendre, c’est ce qui permet à nos opposants de mener bataille sur le terrain de la démagogie alors qu’il s’agit d’un choix de santé et de sécurité.

Nous soutenons également le développement de la mobilité électrique avec le déploiement de points de recharge des services d’autopartage électrique. Enfin parce que la mobilité n’est pas seule en cause dans la pollution nous avons mis en place une prime air bois pour inciter les particuliers à remplacer leur appareil de chauffage au bois et au mois de mars, à Gerland, la plus grande chaufferie biomasse de France sera inaugurée.

La ZFE s’inscrit dans cet ensemble de politiques volontaristes, dont les premières mesures remontent à 2005 et au 1er agenda 21 du Grand Lyon.

La zone à faibles émissions verra le jour sur une partie des communes de Lyon, Villeurbanne, Bron, Vénissieux et Caluire-et-Cuire. La Métropole a souhaité faire partie des quinze territoires pionniers en France, qui se sont engagés auprès de l’État à déployer une première ZFE avant fin 2020. Et nous avons choisi d’aller encore plus vite, parce que nous sommes conscients qu’il y a urgence, urgence à retrouver un air sain dans notre Métropole et urgence à lutter contre le réchauffement climatique.

Sa mise en place se fera de façon progressive, puisque comme vous le savez l’année 2019 sera dédiée à la pédagogie et que les interdictions réelles n’interviendront qu’au 1er janvier 2020 et seront durcies en 2021.

Parce que cette mesure ne peut pas être une mesure coercitive et pénalisante pour les habitants de notre Métropole, nous avons choisi de ne cibler dans un premier temps que les véhicules professionnels, et de mettre en place un dispositif d’accompagnement à destination des micros, petites et moyennes entreprises implantées sur notre territoire, sous forme d’une aide forfaitaire à l’acquisition de véhicules propres.

Une procédure de concertation de grande ampleur a été menée, conformément à la loi. Mais cette procédure n’a pas été une simple formalité. Le dialogue avec les communes et la consultation des citoyens nous a permis de faire évoluer notre projet, notamment sur la question du périmètre qui couvre désormais la quasi-totalité de la commune de Caluire-et-Cuire à l’exception des voies d’accès au Périphérique Nord, comme l’a souhaité son conseil municipal.

Au-delà du simple périmètre, les diminutions de concentration en polluants devraient également concerner les autres communes de la Métropole face au renouvellement progressif du parc de véhicules professionnels.

On le voit, ce sont le pragmatisme et l’efficacité, mais aussi l’esprit d’écoute  qui ont guidé notre action sur ce dossier. Il est nécessaire d’obtenir des résultats dans le domaine de la qualité de l’air, et la ZFE le permettra à très brève échéance, mais sans sacrifier l’équilibre et l’équité.

Le  groupe Socialistes et républicains métropolitains votera bien évidemment pour ce rapport.

Je vous remercie.

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