Politique déchets

Intervention – Sarah Peillon
Politique déchets
Conseil métropolitain du lundi 10 décembre 2018

Monsieur le Président,
Chers collègues,

Cent quinze gobelets en plastique, 140 grammes de plastique rigide, 4 bouteilles en plastique, 25 sacs plastique, 740 grammes de copeaux de bois, 2 tongs, 1 filet en nylon, plus de 1 000 morceaux de raphia synthétique.
Le matériel pour emmener une colonie d’enfants en pique-nique sur la plage ? Le réassort d’une supérette en zone balnéaire ?
Non, cet inventaire à la Prévert est le contenu de l’estomac d’un jeune cachalot échoué mort à Wakatobi en Indonésie il y a quinze jours.

En juin dernier, un globicéphale a échoué sur une plage thaïlandaise avec 80 sacs plastique dans son tube digestif. Et en février, en Espagne, un cachalot est mort avec 29 kilos d’ordures dans le ventre.
Ce sont aujourd’hui deux mille milliards de déchets plastique qui flottent au milieu du Pacifique. Une gigantesque décharge située entre Hawaï et la Californie et qui fait trois fois la taille de la France soit 1,6 million de km carrés.
Plus proche de chez nous, le plastique asphyxie la Méditerranée. Ce mer fermée concentre un niveau record de « microplastiques », ces miettes de moins de 5 millimètres, qui empoisonnent toute la chaîne alimentaire jusqu’à menacer la santé humaine.

Et les mers ne sont pas les seules touchées par nos déchets.
Un peu partout dans le monde, le stockage et l’élimination inconsidérée des déchets a pour conséquence la pollution atmosphérique, pollution de l’eau et pollution du sol.

Nos déchets sont devenus des armes de destruction massive de la biodiversité et de la planète.

On se pose aujourd’hui la question de comment nettoyer nos océans et notre terre de tous ces déchets. Commençons par ne pas en rajouter. Car le meilleur déchet c’est celui qu’on ne produit pas, qu’on n’a pas à traiter.

Il est paradoxal d’observer que 44% du plastique consommé dans le monde est à usage unique alors qu’il s’agit d’une matière à la durée de vie quasi illimitée.

Mais il n’y a pas que le plastique bien sûr, le bois, le papier, le métal, le verre et tant d’autres matériaux contribuent à polluer nos mers et nos sols.

La prise de conscience est lente mais commence à avoir des effets concrets.

Le Parlement européen a adopté un texte bannissant les pailles et couverts en plastique, après les cotons-tiges et les touillettes. L’Assemblée nationale a approuvé en septembre l’interdiction des couverts et des contenants jetables en plastique, au 1er janvier 2020.

L’État et l’Europe prennent des mesures, des citoyens se mobilisent, notre métropole peut et doit agir, à l’échelle de son territoire et de ses compétences.

Nous aimons à dire que nous touchons au quotidien de nos concitoyens, de la naissance à la vieillesse et même la dépendance, en passant par les collèges, la vie culturelle et sportive, l’urbanisme, la voirie et j’en passe. Dans toutes ces activités, dans tous ces lieux, des déchets sont produits et nous pouvons, nous devons, agir pour les réduire.

Notre Métropole doit être exemplaire dans ses propres pratiques, mais aussi accompagner le changement d’habitudes de nos concitoyens.

Lutter contre le gaspillage alimentaire, notamment dans nos cantines, accompagner les restaurateurs et les commerçants, promouvoir le compostage individuel, favoriser le don et le partage, la réparation et la consommation responsable, autant de mesures qui, combinées, permettront de réduire les déchets produits.

Et notre programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés n’oublie pas que la commande publique est un levier puissant de transformation.

Et pour ne pas rester une simple déclaration d’intentions, le texte prévoit surtout la tenue d’indicateurs clairs, fixés dès maintenant, et une évaluation annuelle.

Je le disais précédemment, il faut agir à tous les niveaux : en amont dans notre façon de produire et de consommer, mais aussi en aval, au niveau du tri et du recyclage.

Mais aujourd’hui seuls 25% des déchets sont triés et recyclés en France, notre pays fait figure d’un des plus mauvais élèves du classement de l’Union européenne.

La feuille de route 2018-2025 qui nous est présentée vise à améliorer les performances en matière de tri, et le simplifier, mais aussi d’optimiser la collecte, d’imaginer des solutions innovantes pour l’avenir, et pas seulement pour le tri ménager, mais aussi sur la voie publique, ou lors de manifestations.

Le tri, le recyclage, sont, certes, une partie de la solution, mais il faut aussi y penser dès l’élaboration du produit pour rendre le tri et le recyclage plus faciles.

Nous ne réussirons qu’avec l’implication de tous les acteurs, mais notre Métropole peut jouer le rôle de fédérateur, et d’impulsion.

C’est ce qu’elle a commencé à faire pour l’élaboration du PDLPMA, en associant largement, au delà du simple périmètre des élus et des services, via des groupes de travail qui ont contribué à l’élaboration de cette délibération. Je tiens d’ailleurs à remercier Émeline Baume et les services de la Métropole d’avoir associé le plus grand nombre à ce travail collectif.

La mobilisation que nous avons observée nous permet de nourrir des espoirs : la prolifération des déchets n’est pas une fatalité, nous pouvons faire de notre métropole une collectivité exemplaire, consciente des enjeux, et capable de prendre des mesures efficaces et applicables dès maintenant.

Pour toutes ces raisons, le groupe Socialistes et républicains métropolitains votera ces délibérations.

Je vous remercie.

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