PLIE Uni-Est

Intervention – Jean-Michel Longueval
PLIE Uni-Est
Conseil métropolitain du lundi 17 Septembre 2018

 

Mesdames, Messieurs,

Cette délibération signe le retrait des protocoles d’accord des PLIE du territoire métropolitain, au 31 Décembre 2018, et, en conséquence la fin du PLIE Uni-Est, puis, à terme, la fin de l’association intercommunale Uni-Est, dont la mission majeure et principale consiste en l’animation territoriale et la gestion du PLIE – Plan Intercommunal d’Insertion et d’Emploi

Je ne veux pas intervenir aujourd’hui sur le fond de ce dossier, qui met fin à une histoire forte mais qui signe également le début d’une nouvelle histoire métropolitaine à écrire.

Je ne m’inscris pas non plus aujourd’hui, dans cette idée trop générale consistant à penser que les communes disparaitraient au profit de la Métropole.

Dès 2001, alors que j’étais, à Bron, maire adjoint à l’insertion et à l’emploi et de fait Vice-Président du PLIE, j’ai vite compris avec d’autres élus, l’intérêt intercommunal de cette politique et par la suite, avec Jérôme Sturla notamment, nous avons milité pour la constitution d’un PLIE Métropolitain unique et ouvert à toutes les communes de notre agglomération.

Cela ne s’est pas fait. C’était il y a plus de 10 ans. Nous y arrivons aujourd’hui, même si la politique d’insertion ne passera plus par l’outil PLIE mais par le PMIE – programme métropolitain.

Je fais aussi partie des élus qui prônent la solidarité métropolitaine, autour de l’idée qu’il existe des personnes en difficulté d’insertion sociale et professionnelle, partout, dans toutes nos communes, de la plus petite à la plus importante, dans tous les quartiers, même si l’on sait que la pauvreté est plus prégnante dans les quartiers populaires essentiellement composés de logements sociaux et qui émargent à la rénovation urbaine.

C’est une question d’équité. Il convient de traiter cette question d’insertion partout mais avec des moyens justement répartis.

Ensuite, en termes de publics éligibles à cette politique métropolitaine d’insertion, je crois que la Métropole a aujourd’hui compris et intégré que les publics sont plus divers que les seuls bénéficiaires du RSA. Dans le PLIE Uni-Est ce public représentait moins de la moitié. Les autres publics étaient notamment des jeunes de moins de 26 ans, les chômeurs de longue durée dont certains ne sont pas éligibles au RSA, des primo-arrivants, des publics très isolés, souvent des femmes, dont on parle en ce moment dans le nouveau plan Pauvreté : « les non recours ».

La fin des PLIE peut être douloureuse, comme la fin d’une histoire forte de politiques publiques ; et il nous faut donc l’accompagner avec humanité et reconnaissance du travail accompli.

Il faut donc à nouveau répéter ici qu’Uni-Est souffrait de façon permanente de difficultés de trésorerie, dues au versement tardif des fonds européens et sa dimension intercommunale n’a pas permis à l’époque de constituer suffisamment de fonds propres pour faire face à ces délais difficilement acceptables, comme ont pu le faire plus aisément des PLIE mono-communaux.

Mais il faut entendre, une bonne fois pour toutes, qu’Uni-Est ne souffrait pas de mauvaise gestion. Le dire, le penser, c’est ne pas reconnaitre le rôle des élus des communs membres du Conseil d’ Administration d’Uni-Est.

Ce qu’il faut dire aujourd’hui, c’est que la gestion de cette association intercommunale a trouvé ses limites. Ses limites politiques principalement, autour de la question d’une intercommunalité partielle de l’Est Lyonnais devant la nouvelle Métropole, qui a, dès 2015, repris la compétence insertion du Conseil Général.

Il me parait aujourd’hui utile, nécessaire, voire obligatoire de rendre hommage à ce dispositif et aux acteurs qui l’ont accompagné depuis 25 ans.

La dynamique du PLIE est née dans l’Est lyonnais dès l’année 1993, dans une période de crise de l’emploi.

Le PLIE et l’association Uni Est qui le porte ont été créés par un élu de Bron, André Chazalette. Cet élu, militant sans faille sur les questions d’insertion a toujours su que cette problématique nécessitait la mise en réseau des acteurs et des décideurs, au-delà des clivages politiques, avec l’appui de la dynamique portée par l’Europe sociale.

Ce dispositif a été impulsé initialement par 8 communes, (Bron, St Priest, St Fons, Vaulx en Velin, Décines, Genas, Chassieu, St Symphorien d’Ozon)

Les PLIE se sont, par la suite développés à l’échelle nationale et ont grandi en légitimité sous l’effet de la loi contre les exclusions de 1998 et de la circulaire de 1999 (circulaire Aubry, relative au développement et à l’organisation des PLIE).

Dans l’Est lyonnais 9 autres communes ont rejoint le PLIE (Rillieux, Feyzin, Meyzieu Villeurbanne, Vénissieux, Corbas, Condrieu, Givors, Grigny)

Le PLIE porté par Uni Est est ainsi devenu un des plus important PLIE de France en s’adressant chaque année à près de 5000 personnes. Les communes adhérentes l’ont toujours inscrit dans un objectif de réduction des écarts en direction des populations fragilisées sur le marché du travail. En adhérant au PLIE, les Villes souhaitaient optimiser les réponses apportées aux demandeurs d’emploi en difficulté sur leur territoire.

C’est ainsi qu’en 25 ans, près de 45 000 personnes (44 834) en difficulté d’insertion ont bénéficié d’un accompagnement personnalisé dans le cadre du PLIE et près de la moitié d’entre elles (47%)ont pu retrouver un emploi durable.

Le PLIE a surtout été connu pour sa capacité à mobiliser des financements européens. Certes, c’est une fonction essentielle à la vie du dispositif qui a mobilisé plus de 75 Millions d’euros de FSE en 25 ans. (75 824 164 €). Si l’Europe a été clairement bénéfique dans la distribution de ce financement, il est à noter que les équipes d’Uni Est ont dû s’adapter à la gestion de fonds publics dont la réputation de grande complexité n’est plus à faire. On ne peut, dans ce cadre, que se satisfaire que les gestionnaires FSE d’Uni Est et des 2 autres PLIE du territoire mettent, depuis 2017, leurs compétences à la disposition des services de la Métropole.

Au-delà de cette compétence en ingénierie financière, le PLIE a su développer un réseau d’acteurs associatifs et militants, tant à l’échelle des Villes qu’au niveau intercommunal.

En effet, outre le service public de l’emploi représenté par l’ANPE dans les années 90 puis par le Pôle Emploi aujourd’hui, le PLIE collabore chaque année avec plus de 150 professionnels issus du monde associatif.

Et c’est sur le monde associatif que je finirais mon intervention en remerciant l’association Uni Est pour le travail accompli au cours de ces 25 ans.

Le portage associatif du PLIE était sa force de par son adaptabilité et sa proximité avec les publics et les autres partenaires associatifs.

Mais c’était aussi sa faiblesse… notamment dans la mission de gestion et redistribution des financements européens. En effet, la mécanique complexe de paiement du FSE, 2 ans après la mise en œuvre des actions nécessite que la structure en charge de leur gestion possède des capacités de trésorerie qu’Uni Est n’avait pas. Je l’ai dit en introduction.

La prise de compétence de la Métropole sur ce champ s’inscrit donc pleinement dans l’ordre des choses. Il nous reste à souhaiter que l’institution métropolitaine sache s’appuyer sur la capitalisation des bonnes pratiques mises en œuvre par les PLIE, et surtout s’appuyer sur le savoir-faire, l’expérience, la compétence et aussi une forme de passion, qu’ont développés les communes pendant plus de 20 ans. Si la compétence devient métropolitaine, la proximité en matière d’insertion et d’emploi nécessite la forte présence des communes dans l’animation de ces politiques.

Le groupe socialistes et républicains métropolitains votera ce rapport.

 

 

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