NPNRU

Intervention – Jean-Michel Longueval
NPNRU
Conseil métropolitain du vendredi 27 avril 2018

M Le Président, chers collègues

Ces délibérations concernent les opérations urgentes de démolition dans le cadre du protocole de préfiguration du NPNRU – Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain de la Métropole, opérations délibérées en juillet 2015.

Ce protocole prévoyait la démolition de 856 logements.

Il a été acté la participation de la Métropole à hauteur de 10% du coût de ces opérations, avec 10% au démarrage et 90% au solde. Il est donc proposé aujourd’hui de délibérer pour un 1er versement des 10% liés au démarrage de ces opérations, qui concernent les Villes de Bron, Lyon et Vénissieux, respectivement sur les quartiers de Parilly (330 logements), Les Minguettes (273) et la Sauvegarde (189). Cela représente un montant total de 295 000 €.

A celles et ceux qui ont fait l’addition et qui ne tombent pas sur 856, il convient de rappeler que nous avons délibéré en janvier 2018 dans les mêmes termes pour la démolition de 64 logements à Rillieux.

L’ensemble des logements démolis sera reconstitué sur la durée du NPNRU dont 1/3, soit 285 logements financés dans le cadre de ce même protocole de préfiguration.

Ce protocole de préfiguration est suivi aujourd’hui par l’élaboration de dossiers de présentations qui sont ou seront déposés à l’ANRU, au fur et à mesure de leur finalisation et qui donneront lieu à des conventions de sites.

Ces délibérations sont l’occasion de rappeler l’enjeu majeur que représente pour nos villes et les 14 sites retenus ce nouveau plan de rénovation urbaine.

Cette délibération arrive à notre assemblée le lendemain de la remise du rapport Borloo sur les quartiers prioritaires, remis hier jeudi 26 avril, au 1er Ministre

Vous le savez, nous étions en attente de ce rapport et surtout bien sûr du niveau de sa prise en compte future par le gouvernement. Beaucoup fondent espoir sur celui qui en tant que Ministre de la Ville est à la base de la création de l’ANRU en 2004, et nous avons pu voir dans notre métropole les avancées de la rénovation urbaine dans nos quartiers.

Le 6 avril 2018, aux rencontres nationales de France urbaine organisées à Dijon, il a pu déjà saluer, devant 300 représentants des grandes villes, intercommunalités et métropoles, les 35.000 travailleurs sociaux de France, qu’il nomme « l’armée de la République solidaire » en rejetant l’idée même d’appel à projets dans le domaine social, qui les auraient transformés en l’espace de dix ans en « chasseurs de subventions ».

C’est donc l’occasion pour moi de saluer ces travailleurs sociaux, qui travaillent bien souvent dans l’ombre et qui sont témoins tous les jours de la précarité et des difficultés des habitants de ces quartiers populaires que l’on appelle les QPV – Quartiers en Politique de la Ville. Je reprends aussi à mon compte la phrase suivante « délaisser les quartiers populaires des villes, où toutes les difficultés du pays sont concentrées, peut devenir fatal ».

Il dit aussi que « La situation est totalement redressable, extrêmement vite, à condition qu’on ait un vrai plan de bataille », suivi en ce sens par Marc Vuillemot, président de l’association des maires Ville & Banlieue de France.

A ce titre, les deux associations des grandes intercommunalités et métropoles, France urbaine et l’Assemblée des communautés de France (ADCF) ont préparé un « pacte pour la cohésion urbaine et sociale » qui listent une série d’engagements » en faveur de nos grands quartiers urbains.

En matière de renouvellement urbain, on peut lire dans ce pacte les engagements suivants auxquels on ne peut qu’adhérer :

  • Relancer d’urgence les programmes de renouvellement et d’aménagement urbain dans les quartiers prioritaires de la Politique de la Ville

Et aussi

  • Modifier l’équilibre social de l’habitat par des politiques de peuplement adaptées et encourager les parcours résidentiels au sein des métropoles et des agglomérations

Ce qui implique selon ce pacte, notamment

  • De simplifier les procédures d’instruction et de validation de l’ANRU
  • De revisiter le règlement général de l’ANRU, pour lancer les chantiers sans délais
  • De faire confiance aux projets émanant des territoires dans leur diversité

Ce pacte s’achève ainsi :

« Rien ne se fera sans l’action des agglomérations et métropoles, rien se fera sans l’action de l’Etat, rien ne se fera sans un engagement collectif, réciproque et coordonné,

En évitant d’opposer rural et urbain

Au profit de nouvelles solidarités vers celles et ceux qui en ont le plus besoin

Le défi est de taille : c’est la cohésion urbaine, sociale, territoriale et nationale qui est en jeu. »

Nous pouvons, je le crois, reprendre à notre compte ce pacte de cohésion urbaine et sociale.

Sur le rapport Borloo, il est encore tôt pour le commenter. Il traite tous les sujets et pas seulement celui de la rénovation urbaine. Il compte 19 programmes thématiques de l’emploi, à la sécurité en passant par le sport, l’éducation et bien d’autres champs.

Sur la rénovation urbaine est évoqué la création d’une fondation pour y affecter de manière irréversible et pérenne les fonds d’Action Logement, afin de venir en soutien aux bailleurs sociaux en difficulté et traiter les copropriétés en difficulté où il est proposé de créer une task force de magistrats pour accélérer le rachat et les expropriations de pas moins de 3 à 5 000 logements par an.

A l’heure où il est fait pression sur les bailleurs pour qu’ils vendent la partie la plus rentable de leur parc de logements aux locataires, ou les surloyers largement en augmentation font partir de ce parc les quelques ménages qui participaient à l’équilibre du peuplement, cela peut nous interroger sur la cohérence des politiques du logement.

Quant à nous, ici, dans cette assemblée, nous pouvons être fiers du renouvellement urbain de notre Métropole, dans le cadre du 1er PNRU, dans bon nombre de nos quartiers. Notre Métropole est exemplaire en la matière et regardée bien souvent comme un exemple de la réussite de cette politique partenariale.

Mais la tâche est loin d’être achevée et il nous faut nous engager dans ce NPNRU, qui est bien souvent dans la continuité du précédent mais qui intègre aussi de nouveaux sites. C’est ce que nous faisons activement, ici, dans notre Métropole, à Rillieux, à Vaux, à Saint-Fons, à Lyon, à Villeurbanne, à Vénissieux, et à Bron.

Bien sûr, il est probable que nous aurons besoin d’un PNRU3, tant la tâche est immense et tant il faut réparer des erreurs du passé, qu’elles soient en matière d’urbanisme de barre, ou de grandes voiries pénétrantes comme l’A43 à Bron, ou le boulevard Laurent Bonnevay.

Enfin, ces politiques de rénovation urbaine ne pourront se faire sans les bailleurs sociaux de notre Métropole. Nous en avons déjà débattu ici.

Nos bailleurs investissement dans le renouvellement urbain, et ont injectés et injectent encore de l’argent, des fonds propres dans nos opérations de renouvellement urbain. Il leur faut aussi être en bonne santé pour construire des logements sociaux ou les acheter en VEFA. Les efforts qui leur sont demandés en matière de baisse des loyers comportent le risque bien identifié de fragiliser, voire de tarir leurs fonds propres. C’est une réalité. Sans fonds propres de nos bailleurs, nos opérations de renouvellement urbain risquent de ne pas déboucher dans les délais ou encore risquent de manquer d’ambition.

C’est pourquoi nous devons nous mobiliser pour réussir la deuxième phase de la rénovation urbaine de notre Métropole. Il en va, pour nous tous, de la cohésion sociale de notre territoire. C’est notre devoir de solidarité envers ceux qui ont moins et vivent dans des conditions parfois bien difficiles.

C’est pourquoi le groupe Socialistes et républicains Métropolitains soutiendra bien évidemment cette délibération qui je l’espère, sera rapidement suivi de bien d’autres, qui auront trait aux conventions de nos 14 sites de renouvellement urbain.

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