Loi d’Orientation des Mobilités

Intervention – Sarah Peillon
Loi d’Orientation des Mobilités
Conseil métropolitain du vendredi 16 mars 2018

 

Monsieur le Président,

Chers collègues,

Cette délibération s’inscrit dans la continuité d’une large concertation des différents acteurs de la mobilité, que ce soit les usagers, les associations, les entreprises ou encore les collectivités.

Les Assises nationales de la mobilité ont ainsi été l’occasion pour nombre d’entre nous de participer au travail préparatoire de la future loi d’orientation des mobilités.

Que la consultation ait été aussi large et ouverte est une réelle plus-value pour l’élaboration d’une loi qui tienne compte des spécificités, des attentes et des besoins de chaque territoire tout en définissant une stratégie globale cohérente et efficace à l’échelle du pays.

Une telle concertation a pour objectif d’améliorer concrètement notre mobilité au quotidien, que l’on soit habitant ou usager de notre territoire. Elle a pour objectif de résorber les zones branches de la mobilité d’une part et les saturations d’infrastructures d’autre part pour mettre fin à une France des transports à deux vitesses qui est souvent vécue comme une injustice entre les citoyens et entre les territoires.

Notre contribution Métropolitaine vise à apporter un complément à ce travail déjà réalisé et à renforcer l’approche nécessairement globale de la problématique des transports dans notre agglomération.

Je tiens à saluer le travail des services de notre collectivité, et la volonté politique constante du Grand Lyon, puis de la Métropole, de conduire une réflexion continue sur le sujet au fil des années, cherchant constamment à innover et à anticiper les évolutions à venir.

Le développement économique, social, humain et urbain de notre Métropole et des territoires partenaires font fortement évoluer nos comportements, nos usages et nos besoins de mobilité.

L’usage des transports en commun s’est renforcé au cours des dernières décennies grâce au développement du réseau TCL, de même que la pratique des modes actifs par la création de nombreuses zones cyclables et l’apaisement de nos voiries pour que celles-ci soient accessibles à toutes et à tous.

De même, la mise en place de la location de vélo en libre-service par l’intermédiaire de Vélo’V, l’apparition de plateformes d’auto-partage et de service de voitures électriques en libre-service ont contribué à changer les habitudes des grands lyonnais.

Ces changements participent à l’amélioration de nos conditions de vie mais nous confrontent également à de nouveaux défis, à l’identification de nouveaux besoins.

Car le développement de l’aire métropolitaine lyonnaise a aussi pour conséquence d’augmenter le nombre des personnes qui doivent se déplacer pour venir travailler au cœur de notre agglomération que ce soit par les moyens de transports ferroviaires ou routiers.

Concernant le transport ferroviaire, nous travaillons avec l’État, la Région et la SNCF à la désaturation du nœud ferroviaire lyonnais, au réaménagement et à l’ouverture sur la ville des gares de Part Dieu et Perrache pour qu’elles répondent aux besoins d’aujourd’hui et de demain.

Parce que les difficultés que pose le trafic routier sont aujourd’hui au cœur de nos problématiques, que ce soit de transport, mais aussi et surtout de qualité de vie, notre Métropole a engagé et poursuivra assidument un important travail avec l’État.

Celui-ci portera à la fois sur l’évolution de nos infrastructures, telles que le déclassement de l’A6-A7, l’élargissement de l’A46 sud, la réalisation des shunts de Manissieu et Ternay ou encore de l’Anneau des Sciences, pour lequel travaillons à la création d’un établissement public national à gouvernance locale nous permettant de mobiliser les financements pour le réaliser.

Ce partenariat servira aussi à l’élaboration de nouveaux dispositifs législatifs et réglementaires pour le renforcement de l’auto-partage, le report modal et l’éloignement du trafic de transit et de poids lourds de notre agglomération.

Notre Métropole poursuivra, comme elle le fait depuis de nombreuses années, son soutien aux innovations et aux expérimentations concernant les mobilités nouvelles, plus respectueuses de l’environnement, plus accessibles et plus à même de garantir de meilleures conditions de vie et de déplacement.

L’expérimentation des navettes Navly à la confluence ou encore le soutien au déploiement de nouvelles motorisations électriques sont quelques-uns des nombreux exemples de cette politique ambitieuse.

De même, le suivi des évolutions technologiques en lien avec la mobilité est important et doit être prise en compte, car des applications comme google map ou Waze génèrent de nouveaux comportements routiers qui, dans certains cas, viennent s’opposer à nos politiques d’inter-modalité et d’apaisement de la circulation, en incitant à l’utilisation de véhicule individuel des personnes qui se seraient naturellement reportées sur des moyens de transports en commun ou actifs.

Je pense également à l’offre de vélos en free floating, apparue récemment, avec plus ou moins de succès sur nos territoires, mais qui interroge forcément sur le partage de l’espace public, et sur le rôle des pouvoirs publics, en tant que régulateurs et coordinateurs des différents modes.

Mais ce sont bien ces nouveaux opérateurs, ces nouvelles technologies, et les changements d’habitude de nos concitoyens qui justifient aujourd’hui l’adoption d’une nouvelle loi.

Pour répondre à ces problématiques qui se renforcent, notre Métropole travaille à la mise en place d’un Pass Urbain, outil regroupant l’ensemble des offres de services de mobilité sur l’agglomération et permettant une information efficace des usagers pour faciliter le report modal et les inciter à le pratiquer. Complété par le déploiement d’un réseau efficace de parkings relais (voitures et vélos) en périphérie de notre agglomération, nous pouvons espérer qu’un tel dispositif puisse être réellement incitatif.

Vous le voyez, cette contribution métropolitaine est très complète et compilée avec l’ensemble des documents produits lors des Assises de la mobilité, elle permettra au gouvernement de produire une loi respectueuse de nos particularités et plus à même de répondre à nos besoins, dans le respect de la qualité de vie de chacun et pour garantir la mobilité de tous.

Le groupe Socialistes et républicains Métropolitains votera avec enthousiasme cette contribution.

 

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