Mas du Taureau

Intervention – Stéphane Gomez
Mas du Taureau
Conseil métropolitain du vendredi 15 décembre 2017

 

Monsieur le Président,

chers collègues,

À cette heure avancée de notre séance, j’essaierai de faire court, mais il était difficile, impossible, pour les représentants vaudais à la Métropole, de ne pas prendre la parole sur cette délibération, car derrière le programme de renouvellement urbain du Mas du Taureau, à travers ses différents outils (la ZAC ou le NPNRU principalement), ce n’est pas simplement l’Histoire de Vaulx-en-Velin que l’on écrit, c’est l’Histoire de notre Métropole que l’on enrichit, c’est le sens de l’action publique que l’on affirme.

Sans y être forcément allé, tout le monde connaît le Mas du Taureau. Tout le monde en a une représentation, surtout peut être d’ailleurs ceux qui n’y sont jamais allé…

Ce quartier de notre ville, de notre Métropole, est entré dans notre Histoire nationale et notre inconscient collectif un soir d’octobre, il y a 27 ans déjà. Par le pire il devint porteur du meilleur, de nouveaux espoirs par la mise en place de nouveaux outils d’intervention publique, par la définition de nouvelles politiques, d’une nouvelle dimension des territoires, de leurs interactions inévitables et de nouvelles solidarités nécessaires.

Pourtant, en raison de choix par d’autres en d’autres temps, ce quartier initiateur de la politique de la ville en aura peu profité. Quand finalement un projet fut proposé, il ne s’agissait rien d’autre que de recréer une cité dortoir, dense et refermée sur elle-même, annonciatrice par son échec prévisible de la génération suivante de programmation ANRU ! En termes d’ambition ou de respect des habitants, cela se posait là. On rénovait, mais on ne renouvelait pas.

La délibération que nous nous apprêtons à voter -en tout cas je l’espère!- ce soir veut elle porter cette ambition, d’un quartier non seulement rénové mais aussi renouvelé, un quartier à vivre, en articulation avec le reste de Vaulx-en-Velin mais aussi ouvert sur la Métropole, dans les 2 sens, entrant et sortant.

Cette ambition, la Ville de Vaulx-en-Velin la porte, bien sûr. Mais nous ne pourrions pas le faire seul. Nous bénéficierons, je l’espère, du plein soutien de l’État ou du SYTRAL, et par cette délibération nous pouvons déjà dire que nous bénéficions dans notre ambition de l’engagement entier et sincère de la Métropole. Pour cela je veux aussi remercier les Services que nous avons beaucoup sollicité, et le Vice-Président Michel LE FAOU qui est un acteur mais aussi, je le crois, un avocat actif de ce projet.

Entre juin 2016 et mars 2017 la Métropole de Lyon a réalisé une étude de positionnement économique afin de redéfinir la programmation de la ZAC du Mas du Taureau, dans un objectif affirmé de diversification des fonctions urbaines, de reconquête de l’image du quartier et de promotion territoriale. Cette étude met en évidence des difficultés propres aux quartiers en politique de la ville (chômage, plus faibles qualifications, image négative qui rejaillit sur les habitants, absence de transport en commun structurant, risque de décrochage des dynamiques économiques métropolitaines). Elle démontre aussi que le site du Mas du Taureau, au cœur de la Grande Ile, dispose d’atouts sur lesquelles un projet peut s’appuyer, pour une transformation durable :

  • la présence des lycées Doisneau et des Canuts et du campus (ENSAL et ENTPE) ;
  • la forte présence de l’économie productive tant par des très petites entreprises (TPE) que des petites et moyennes entreprises (PME) ;
  • un taux de création d’entreprises conforme à la moyenne de la Métropole, avec une forte spécialisation sur la construction / bâtiment et travaux publics (BTP) qui sont des secteurs économiquement porteurs ;
  • la desserte autoroutière et périphérique immédiate ;
  • et la jeunesse de notre population.

Ce sont ces atouts qui nourrissent aujourd’hui le projet de renouvellement urbain qui vous est proposé via cette délibération :

  • porter une volonté de mixité sociale, par une diversification amplifiée de l’habitat ; le programme d’habitat neuf répartis en petites unités s’inscrira dans un espace urbain mais aussi paysager et environnemental -notamment en s’appuyant sur les traces des anciennes lônes du Rhône- et de type éco-quartier.
  • développer et rénover les équipements publics, notamment les écoles et une médiathèque – maison de quartier qui sera une réalisation de Rudy RICCIOTTI, politique d’équipements publics mise en œuvre sans attendre pour assurer ainsi le succès des prochaines étapes du renouvellement urbain.
  • désenclaver le quartier par une offre forte de transport et un continuum universitaire, une offre de formation en interface avec la ZAC Hôtel de Ville et qui a vocation à essaimer sur le territoire, entre le campus de Vaulx-en-Velin et celui de Villeurbanne ; l’intégration de services et lieux de vie étudiante dans le nouveau quartier du Mas sera un puissant levier de transformation urbaine et sociale.
  • permettre le développement économique avec la création d’une offre d’accueil à vocation artisanale, le long de l’avenue d’Orcha, sur 25 000 m2 et qui viendra en complémentarité d’une offre commerciale de proximité re-structurée le long d’une place Guy Môcquet réorganisée.

Un développement urbain apaisé conjugue maîtrise de la densité urbaine, développement économique et préservation du paysage naturel, services aux habitants. C’est cela qui a pu être posé et entendu par les partenaires.

Le projet s’adosse sur le développement d’une ligne structurante de transports en commun, dont personne n’ignore que pour les Vaudais qui attendent un métro promis pour 1975, elle ne peut se traduire que par une ligne de tramway.

Nous voulons construire un projet de ville inscrite dans la dynamique métropolitaine et qui dialogue avec elle même ; une ville qui se vit au quotidien, dans laquelle les dynamiques urbaines, sociales, économiques, environnementales, associatives interagissent entre elles, autour et par les habitants. Être une commune en politique de la ville n’est pas un objectif, c’est un moyen, nous devons sortir des logiques de-structurantes héritées d’erreurs que nous ne voulons pas juger anachroniquement mais que nous ne devons pas répéter.

Nous ne pouvions plus continuer à attendre. Seule l’ambition est à la hauteur de l’attente des Vaudaises et des Vaudais. Nous ne pouvons pas ne pas être à la hauteur des Vaudaises et des Vaudais, nous ne pouvons pas manquer d’ambition.

 

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