Projet Métropolitain des Solidarités

Intervention Sandrine Runel – Anne Brugnera
Projet Métropolitain des Solidarités
Conseil métropolitain du lundi 6 novembre 2017

Seul le prononcé fait foi

1er janvier 2015, 6 novembre 2017. 2 ans et 10 mois, voici le temps, le court temps devrais je dire, qu’il a fallu à la métropole pour se doter d’un document programmatique traduisant notre volonté d’accompagner au plus près et au mieux l’ensemble des populations de notre territoire métropolitain relevant d’un besoin de solidarités.

Comme cela a déjà été rappelé, la métropole de Lyon est à la fois un territoire dynamique économiquement, qui se classe au 3° rang des agglomérations françaises, mais qui connaît, comme partout dans notre pays, des disparités fortes, entre des populations aisées et des publics en situation de grande précarité.

Au regard du contexte actuel, avec une hausse continue du nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté et plus de 2,5 millions de foyers allocataires du RSA, la précarité n’est pas un phénomène de circonstance, elle est devenue une composante de notre société. Aussi, si les dépenses de solidarité assurent un filet de sécurité à l’ensemble des citoyens, nous ne pouvons nous satisfaire de seulement intervenir une fois la précarité installée, le travail perdu, les dettes accumulées, l’expulsion du logement imminente ou le placement prononcé …

En effet, l’obligation qui nous est faite depuis la loi du 2 janvier 2002 de présenter un schéma d’organisation sociale et médico sociale se concrétise au sein de notre collectivité par le travail d’élaboration du projet métropolitain des solidarités 2017-2022. Un projet d’envergure développant une approche transversale de l’action sociale.

Il a souvent été question pendant le temps de construction de la Métropole, d’urbain et d’humain. D’urbanité et d’humanité.

Comment l’ignorer, alors que nous venons, cette année encore, de débuter la trêve hivernale. Comment ne pas penser à ces milliers de familles de la métropole qui connaissent des difficultés, aux 1500 agents de notre collectivité qui sont confrontés chaque jour à des situations dramatiques, à des situations d’urgence, aux souffrances d’enfants en bas âge comme à la solitude de personnes vieillissantes qui pourront bénéficier d’un accompagnement dans un des 185 établissements et services pour personnes âgées de la métropole.

Il faut nécessairement saluer le travail des acteurs de la solidarité qui répondent quotidiennement aux difficultés des plus fragiles et des plus fragilisés. En effet, comment répondre aux 6200 sollicitations, aux près des 20 000 demandes d’aides financières pour les familles, comme aux 107 000 dossiers déposés auprès de la MDMPH. La situation des mineurs étrangers a été évoquée. Mais face à des arrivées massives, on dénombrera à la fin de l’année plus de 25 000 enfants et adolescents étrangers sans famille présents sur le territoire national. Comment y faire face ? La métropole ne pourra répondre seule. Mais elle se doit d’accompagner ses jeunes en exil dans leur besoin de protection comme les professionnels qui les prendront concrètement en charge. Les évènements internationaux nous imposent d’aller plus loin que le Conseil Général en 2011 avec la mise en place de la MEOMIE.

Le Projet métropolitain des solidarités qui nous est présenté aujourd’hui est donc un nouvel acte fondateur de notre métropole. Chantier lancé aux premières heures de la métropole par Gérard Collomb, c’est à peine élu que David Kimelfeld s’en est emparé, comme le témoigne sa présence lors de réunions avec les élus de la commission développement solidaire et action sociale. Il a été le fruit d’un travail collectif porté par la direction générale déléguée au développement solidaire et à l’action sociale, où les équipes de la Halle Borie ont su animer un travail avec les partenaires associatifs, en associant des fonctionnaires territoriaux comme les différents segments du travail social. Ils ont travaillé sur un schéma tout en assurant leur mission de service public à destination de nos concitoyens métropolitains. Je tiens à remercier également Claire Lefranc pour son implication et son engagement pour l’autonomie et la prise en charge des personnes âgées et handicapées.

L’enjeu majeur posé aux équipes et à leurs partenaires a été la constitution d’un document clair, accessible, concis et pragmatique, permettant de répondre à quatre intentions politiques fortes :

  • renforcer la prévention à destination de tous;
  • faciliter l’accès à l’information et aux dispositifs pour offrir aux usagers une meilleure prise en charge;
  • développer les collaborations entre les différents acteurs, publics, privés, sanitaires et sociaux pour une plus grande cohérence;
  • enfin, favoriser l’inclusion sociale et urbaine, s’appuyer sur l’expertise de l’usager, du citoyen : mieux connaître les besoins pour mieux y répondre.

Et c’est là tout l’enjeu de notre projet. Renforcer les actions de prévention et maintenir un accompagnement renforcé pour les plus en difficultés. Le travail social a pour but, quelques soient les fonctions exercées, de faire société avec ceux qui ont des difficultés et aider l’autre à exister.

Le concept de solidarité territoriale que nous défendons pour notre Métropole doit être facteur de développement. Ce projet devra permettre de renouveler l’organisation du service social métropolitain afin de garantir un accueil inconditionnel de proximité.

Si cette transition s’inscrit dans une démarche d’innovation sociale, le regard ne doit-il pas toutefois porter au-delà de cette dichotomie, notre rôle consistant à réinventer et combiner ces différentes politiques publiques pour se rapprocher au plus près des besoins réels et individuels de la personne.

Dans une période caractérisé par une remontée des individualismes, jamais les interventions des collectivités n’ont été aussi importantes, variées et insistantes dans le domaine des solidarités, en particulier sur les questions de protection de l’enfance et de logement adapté.

Mais plus encore qu’à un accroissement du rôle des politiques, c’est à la transformation des modalités de ses interventions qu’il faut être sensible.

Cela marque le passage de politiques menées au nom de l’intervention sociale à des politiques conduites au nom de l’insertion de nos citoyens.

Ainsi, si certains nécessitent une attention particulière, c’est à partir d’un constat qu’ils ont moins, qu’ils sont en situation déficitaire. Encore une fois, la métropole interviendra au travers des assises de la solidarité programmées dès 2018 et organisées tous les deux ans afin de débattre ensemble, des grands enjeux sociétaux, afin de mettre en valeur des actions remarquées sur notre territoire et ouvrir de nouvelles pistes de discussion.

Ces objectifs s’inscrivent parfaitement dans la structuration du projet métropolitain des solidarités et illustrent bien notre volonté de construire des politiques sociales à la hauteur des enjeux de demain.

C’est pour l’ensemble de ces raisons que le groupe socialistes et républicains métropolitains votera ce rapport et s’engagera pleinement pour la bonne réalisation de nos missions dans les 5 années à venir.

Je vous remercie.

Intervention Partie 2

Comme nous l’avons vu ce PMS va nous permettre de renforcer nos politiques sociales et médico-sociales en les abordant de façon globale et transversale. Et j’aimerais revenir sur le travail que nous menons dans ce cadre en matière de Protection Maternelle et Infantile.

Les compétences sociales héritées du CG et la diversité de notre implication sur les territoires nous permettent en effet aujourd’hui de développer une véritable politique en matière de protection maternelle et infantile qui place l’enfant au cœur du dispositif mais qui permet également un meilleur accompagnement de l’ensemble des acteurs et des familles dans toutes leurs spécificités et selon leurs besoins.

Une approche transversale en matière de PMI, c’est, au-delà des questions sanitaires et des obligations sociales, œuvrer à réduire les inégalités tout en construisant un projet cohérent et ambitieux pour toutes les familles.

C’est développer l’accueil des 0 – 3 ans collectif ou individuel. 1000 places ont été ouvertes cette année dans plus de 80 structures et plus de 1700 agréments d’assistantes maternelles ont été délivrés. Un réseau conséquent et exigeant que notre Métropole accompagne au quotidien par leur formation mais aussi par un soutien pour pérenniser leurs emplois. Et l’étude réalisée cette année à notre demande sur les freins à l’emploi des assistantes maternelles nous offre aujourd’hui un véritable cadre d’action pour lutter contre leur chômage et créer des leviers en direction des nounous mais aussi des parents pour faciliter le recours aux assistantes maternelles.

C’est également travailler conjointement avec l’ensemble des services liés à l’enfance, la santé et la jeunesse pour mener une politique de prévention cohérente pour tous les âges et ainsi structurer les partenariats à l’échelle de la Métropole et des territoires. Un comité des partenaires de la protection de l’enfance sera réuni régulièrement, associant la justice et les établissements et services habilités. Il est chargé d’envisager de nouvelles solutions d’accueil, notamment pour les enfants en prises avec des difficultés multiples. Nous allons poursuivre ce travail à l’échelle des CTM, pour adapter les actions du Projet Métropolitain des Solidarités au contexte local.

C’est aussi renforcer la collaboration de l’ensemble des partenaires privés et publics pour se donner des outils d’évaluation et de perfectionnement. Notre société évolue, les modèles parentaux sont multiples Répondre à ces mutations est l’un des enjeux majeurs d’une PMI moderne et efficace notamment en matière de réduction des inégalités sociales de santé. Pour cela, il est primordial que les travailleurs sociaux sur le terrain puissent confronter leurs expériences afin d’adapter leurs réponses. Le développement des actions de tutorat et la mise en place d’un dispositif d’analyse de la pratique pour l’ensemble des travailleurs sociaux vont ainsi consolider la formation et la collaboration entre professionnels pour une meilleure prise en charge des familles en grande précarité.

C’est enfin mener une politique de protection Maternelle et Infantile en corrélation avec les politiques d’insertion. La PMI a un rôle essentiel à jouer dans le développement économique de nos territoires. De nombreuses analyses nous l’ont démontré, trop souvent sur certains territoires s’entrecroisent problématiques familiales et difficultés socio-économiques. C’est en diversifiant et en renforçant les modes de gardes que nous permettrons aux publics en difficulté, notamment les familles monoparentales en progression constante sur notre Métropole, d’accéder à l’emploi. À ce titre nous tenons à signaler le travail entamé avec Pole emploi, et de nombreux partenaires associatifs dans les communes qui a déjà permis d’établir un état des lieux des pratiques et des besoins et qui va donner naissance à un comité inter partenarial de pilotage et de suivi pour une meilleure prise en charge des besoins des publics en parcours d’insertion.

Ce ne sont là que quelques exemples des tâches entreprises et du chemin qu’il nous reste à parcourir. Les objectifs, nous les connaissons, ils sont concrets et opérationnels. Il s’agit d’améliorer l’offre de services de la PMI, pour toutes les familles et tout particulièrement à destination des plus fragiles. Nous allons également améliorer la lisibilité des actions et renforcer l’efficacité des liens avec les différents professionnels.

La PMI mobilise les compétences et le talent d’équipes pluridisciplinaires : médecins, sages-femmes, puéricultrices, psychologues, psychomotriciens, diététiciens, secrétaires médicales et sociales, auxiliaires de puériculture et agents techniques de la petite enfance. Le groupe tient à souligner l’implication de ces professionnels auprès des grands lyonnais

Nous le voyons dans le cadre de ce PMS, la PMI parvient ainsi à fédérer des professions diverses, à croiser des spécialités, à articuler des structures et des partenaires. Cette richesse, cette souplesse sont à conforter afin que nos services, toujours en lien avec les communes, puissent s’adapter aux besoins des familles et des enfants de notre Métropole.

 

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