Plans local d’action pour le logement et l’hébergement des personnes défavorisées

Intervention – Sandrine Runel
PLALHPD
Conseil métropolitain du lundi 19 septembre 2016

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Président,

Cher(e)s collègues,

Depuis sa création, la Métropole de Lyon n’assure pas simplement les compétences sociales transférées du Département, elle va bien plus loin dans la mise en œuvre de sa politique de solidarité, avec notamment la remise à plat de toutes ses politiques sociales et l’élaboration du projet métropolitain des solidarités.

Il s’agit bien de définir un cadre stratégique d’interventions pour l’ensemble du champ social.

Les questions d’habitat sont au cœur de cette réflexion.

Dans le cadre de la loi ALUR (publiée le 24 mars 2014), d’importantes modifications sont apportées, quant à la gouvernance des politiques publiques de l’hébergement et du logement pour les personnes défavorisées. Tandis que le pilotage des dispositifs d’hébergement acquiert une dimension régionale par l’extension du périmètre des comités régionaux de l’habitat à l’hébergement (qui deviennent les comités régionaux de l’habitat et de l’hébergement – CRHH), les deux documents de planification centraux qu’étaient les plans départementaux d’action pour le logement des personnes défavorisées (PDALPD) et les plans départementaux d’accueil, d’hébergement et d’insertion (PDAHI) fusionnent sous la nouvelle appellation « plans départementaux d’action pour le logement et l’hébergement des personnes défavorisées » (PDALHPD).

En fusionnant les deux outils dans un document unique, la loi ALUR réaffirme la nécessité d’appréhender conjointement les problématiques du non et du mal-logement, et d’œuvrer à la fluidification des parcours résidentiels entre les dispositifs destinés aux plus démunis et le droit commun du logement.

En effet, pour lutter durablement contre le sans-abrisme et le mal-logement, il est nécessaire de prévenir les ruptures sociales et pas seulement de veiller à leur réparation.

Qu’il s’adresse à des ménages vivant en habitat indigne, à des familles menacées d’expulsion locative ou encore à des personnes victimes de violences, l’accompagnement social des ménages en difficulté est souvent la pierre angulaire de ce travail d’anticipation.

C’est toutes ces actions qui sont menées conjointement par les travailleurs sociaux de notre métropole mais aussi par nos partenaires : associations indispensables dans ce combat, que nous soutenons bien sur financièrement dans le cadre de leurs actions et leurs missions, mais aussi politiquement, avec cette volonté de sécuriser leur organisation et leurs équipes, qui se traduit par la mise en place notamment de 3 conventions triennales, qui ont fait l’objet de précédents rapports.

Ainsi, avec la création de la métropole, la collectivité devient copilote à part entière aux côtés de l’État.

Et c’est tout l’enjeu du travail réalisé autour de la constitution de ce plan : Les PDALHPD reconnaissent cette mission essentielle, puisque la planification de l’offre porte désormais explicitement sur les « services d’accompagnement vers et dans le logement et de diagnostics sociaux ainsi que les modalités de répartition, entre les partenaires sociaux, de leur réalisation et de leur financement ».

Cet outil constitue désormais l’un des documents structurants de la politique sociale du logement pour notre Métropole, car il va bien sur enrichir le Projet Métropolitain des solidarités en cours de constitution, mais aussi s’articuler avec le PLU-H puis les documents-cadres d’orientation en matière d’attribution.

Voilà une approche innovante, qui va dans le sens d’une prise en compte globale du ménage et de ses difficultés.

J’en profite pour faire le parallèle et rappeler le choix de la Métropole de traiter les questions d’insertion professionnelle et d’emplois des plus précaires au même titre que celui du développement économique.

À mon tour de saluer l’excellent travail mené par le Vice-Président David Kimelfeld et ses services à la fois dans l’élaboration du Programme Métropolitain d’Insertion pour l’Emploi (PMI’e) et plus particulièrement au sujet des allocataires du RSA.

Il ne s’agit plus de les considérer comme une charge mais bien comme une richesse pour le développement économique de notre territoire.

Disons-le, la politique conduite en matière de logement pour les plus défavorisés fait honneur à notre territoire. Un territoire riche sur le plan économique et social, un territoire de tradition républicaine où s’inscrit désormais notre Métropole Solidaire.

Aussi, et tout simplement, nous montrons par ce type de délibération, la contribution de la Métropole à participer « à sa juste part » à l’effort national devant le contexte social et humanitaire dans lequel se trouvent le monde et l’Europe et, dans une bien moindre mesure, la France.

Entendre aujourd’hui, comparer l’accueil de migrants à la « création de jungles », et proposer des aides juridiques pour ne pas accueillir ces hommes, ces femmes et ces enfants, et donc ne pas participer à la solidarité collective, n’est pas acceptable.

Alors oui, dans notre métropole nous préférons voir la puissance publique mobilisée à résorber des drames humanitaires plutôt que de l’organiser à aider ceux qui chercheront prétexte et justification à refuser de participer dans cette période si particulière à l’accueil de migrants.

Le groupe Socialistes et Républicains Métropolitains se satisfait de l’engagement de la métropole de prendre sa part pleine et entière à la fois dans la recherche de solution pour lutter contre la crise du logement, mais aussi pour faire face avec les services de l’État à notre devoir de solidarité envers nos concitoyens les plus fragiles.

Je vous remercie.

 

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