Nouveau programme national de renouvellement urbain

Intervention – Jean-Michel Longueval
Nouveau programme national de renouvellement urbain
Conseil métropolitain du lundi 19 septembre 2016

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Président, chers collègues,

Lors de notre conseil du 29 juin 2015, Il a été rappelé le fort investissement de notre collectivité en faveur de nos quartiers populaires, tant sur le plan du développement social que du développement urbain, par Mr Thomas Rudigoz, conseiller délégué à la politique de la ville et Michel Le Faou, Vice-président en charge du pôle du développement urbain, politique de l’habitat, politique de la ville et cadre de vie.

Nous avons fait beaucoup et notre agglomération est un modèle national en la matière.

  • Nous avons fait beaucoup en matière de production de logements sociaux et à loyer abordable
  • Nous avons fait beaucoup en matière de transport en commun, avec le lancement en 2000 d’une politique de développement visant à désenclaver ces quartiers : citons notamment la desserte des Minguettes à Vénissieux avec le T4, ou encore de Bel-Air à Saint-Priest avec le T2, ou encore les lignes C2 et C14 qui ont relié Rillieux et la Duchère au centre de Lyon ainsi que le prolongement du métro jusqu’à la Saulaie à Oullins qui a ouvert la voie à un renouveau profond du secteur.
  • Nous avons fait beaucoup en matière d’aménagement de nos quartiers défavorisés : nouveaux espaces publics, nouvelles voiries, nouveaux jardins publics, et aussi en créant de nouveaux services publics
  • Nous avons fait beaucoup en matière de développement économique en y soutenant la création d’entreprises et d’activités
  • Nous avons fait beaucoup en matière d’insertion sociale et professionnelle, en soutenant les missions locales, les PLIE, les associations d’insertion, en partenariat avec le pôle emploi
  • Nous avons fait beaucoup en matière de cohésion sociale et de prévention, en soutenant des programmes tels le PRE, Programme de Réussite Educative, les ASV dans le champ de la santé et aussi en soutenant la vie associative et l’éducation populaire incarnée par les centres sociaux, les MJC, les maisons de quartiers et bien d’autres associations
  • Nous avons fait beaucoup en matière culturelle, et le défilé de la Biennale en est l’illustration, tant il mélange les générations et les cultures. Citons également les équipements culturels à rayonnement d’agglomération tel le CCN à Rillieux, ou encore le Planétarium à Vaulx-en-Velin, ou encore le centre chorégraphique Pole Pik de Mourad Merzouki à Bron
  • Et bien sûr, nous avons fait beaucoup en matière de rénovation urbaine, à l’aide d’opérations de démolition reconstruction, et aussi de réhabilitation d’immeubles dégradés tant publics que privés.

Les esprits chagrins diront que la Politique de la Ville montre un bilan mitigé au regard de cet investissement.

C’est faux.

C’est faux pour bon nombre de raisons :

  • C’est faux parce qu’ici dans notre Métropole, aucun quartier n’est relégué, aucun quartier n’est abandonné. Tous ont bénéficié de l’action de notre métropole et de nos communes, avec l’aide de l’ensemble des partenaires et en premier lieu l’état.
  • C’est faux, parce que la Politique de la Ville ne coûte pas si cher que cela. Son objectif n’a pas été et n’est pas de mettre des crédits illimités dans ces quartiers, loin de là, mais plutôt de rétablir une certaine équité ; de mieux répartir les investissements publics de telle sorte que nos quartiers défavorisés en bénéficient comme d’autres quartiers plus centraux et plus visibles.
  • C’est faux car on se trompe quand on dit que, même avec la Politique de la Ville, la précarité, le chômage ne disparaissent pas. C’est la vision des pessimistes. Car la politique de la Ville n’a pas pour objectif, à elle seule de résorber le chômage dans notre pays, elle n’a pas pour objectif à elle seule de garantir la réussite scolaire de tous les élèves ; elle n’a pas pour objectif à elle seule de rétablir la tranquillité publique dans les QPV – Quartiers en Politique de la Ville. Car, tout cela, c’est de la responsabilité de nos politiques de droit commun.

La politique de la Ville a pour objectif d’empêcher le creusement des écarts, de lutter contre la ségrégation urbaine et sociale, de supprimer les ghettos, et de faire en sorte que nos quartiers populaires soient partout intégrés dans la Ville.

Que seraient aujourd’hui, nos quartiers, si la Politique de la Ville n’avait pas existé ? Qui peut le dire ? Heureusement que cette politique, qui vise à donner plus à ceux qui ont moins, a existé et continuera à exister.

C’est bien un projet de société et que de chemin parcouru dans notre agglomération.

En termes de Politique de la Ville, notre Métropole est exemplaire à bien des égards en France et bon nombre d’acteurs se sont inspirés et s’inspirent encore de notre action.

Raison de plus pour continuer l’effort.

Si l’on parle de la seule rénovation urbaine, 12 sites ont bénéficié du programme de renouvellement urbain sur les mandats antérieurs et cela a mobilisé, depuis plus de 10 ans, un montant total de l’ordre de 1,7 Milliard d’€, dont la part de la Métropole qui s’élève à plus de 200 Millions d’€.

Il faut citer ici la contribution majeure des bailleurs sociaux pour 471 Millions et de l’ANRU pour 316 M€, les communes contribuant quant à elles pour 123 M€.

Plus précisément, notre bilan collectif, c’est :

  • 5 700 logements démolis et reconstruits pour 1/3 sur site, 1/3 dans les communes en PNRU hors site et 1/3 dans les communes hors PNRU
  • 4 000 logements sociaux produits par an.
  • 8 150 logements réhabilités pour 106.4M€
  • 12 700 logements résidentialisés pour 36.4M€
  • Le PNRU a permis également une intervention sur le parc privé sur 3 sites (Bron Terraillon, St Priest centre, Vénissieux Minguettes).

Cette politique de l’habitat a permis de faire venir dans nos quartiers de nouveaux ménages et bien sûr de rééquilibrer de l’offre de logement social dans notre Métropole.

On ne le dit jamais assez, notre politique de rénovation urbaine a conduit à une amélioration des conditions de vie des habitants et de l’attractivité des quartiers, grâce à une action partenariale associant les Communes, la métropole, l’État et les organismes HLM.

Ce sont indéniablement des résultats positifs, même s’ils sont différents selon les sites et les contextes locaux. Nous pouvons ensemble être fiers de ce bilan, d’ailleurs reconnu par nos partenaires et en tout premier lieu l’ANRU, qui a consacré début Janvier 2016, une journée complète d’audition des projets de notre métropole, qui aboutit aujourd’hui à la signature de ce protocole. Cet effort de transformation urbaine reste bien sûr à conforter, à poursuivre et c’est tout l’enjeu du NPNRU.

Le NPNRU, pour notre Métropole, c’est 14 sites retenus, 8 sites d’intérêt national retenus et 6 sites d’intérêt régional.

Il s’agit de poursuivre le processus de transformation engagé, en renforçant plus particulièrement deux axes :

  • La dimension économique comme élément déterminant de changement d’usage, d’image et d’attractivité des sites.
  • La prise en compte des enjeux de développement durable comme gage de qualité et de pérennité des investissements.

Pour conclure, n’oublions pas, que la rénovation urbaine seule, sans accompagnement social, éducatif, culturel ne suffit pas. Elle est un pilier du projet de solidarité de la Métropole qui entend mobiliser l’ensemble de ses politiques publiques au profit de ce projet.

A quoi sert la rénovation urbaine, si le collège n’est pas soutenu, si le centre social n’a pas les moyens d’embaucher des animateurs jeunes qualifiés, si la culture n’entre pas dans le quartier, si les demandeurs d’emploi ne sont pas accompagnés…

Je le disais déjà en juin 2015, la Métropole avec ses nouvelles compétences se doit de maintenir ce lien très étroit entre développement urbain et développement social, de le cultiver et de l’accentuer encore et encore :

  • A l’aide d’une politique d’insertion sociale et professionnelle renforcée. C’est l’objet du plan métropolitain d’insertion pour l’emploi – le PMIE
  • En renforçant la lutte contre le décrochage scolaire
  • Par l’animation socioéducative de la jeunesse
  • Par l’accès aux soins
  • Par l’accès à la culture et au sport… et bien par bien d’autres actions encore

Reste alors les grands enjeux de la lutte contre les discriminations et bien sûr, de la promotion de la laïcité pour lutter contre le détournement des valeurs de la religion à des fins de terrorisme et de violence. C’est un sujet très difficile et les solutions sont complexes et mériteront d’être réfléchies, étudiées, expérimentées…

Il nous faudra être novateur en la matière et prendre toute notre place aux côtés des communes et de l’état pour réfléchir, innover et agir pour l’éducation.

Le Groupe Socialistes et républicains métropolitains met grand espoir dans ce protocole et dans les conventions qui en découleront et votera bien évidemment positivement et avec enthousiasme ce projet de délibération.

 

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