Déclassement de l’autoroute A6-A7

Intervention – Anne Brugnera
Déclassement A6-A7
Conseil métropolitain du lundi 11 juillet 2016

        Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les élus, Chers collègues,

Lyon, notre ville, notre agglomération, est célèbre pour son positionnement géographique entre Nord et Sud de l’Europe. Cet atout historique en a rapidement fait un carrefour de communications majeur et donc un carrefour routier important pour notre pays, pour l’Europe.

Notre agglomération est au centre d’une étoile autoroutière, à la croisée des axes reliant Paris, la Méditerranée et l’Italie d’une part, l’Allemagne à l’Espagne d’autre part, mais desservant aussi les Alpes et le Massif Central comme les nombreuses cités régionales. Ce ne sont pas moins de 8 autoroutes qui la desservent, dont une qui la traverse du nord au sud : l’autoroute A6-A7.

Si cette situation est un facteur de développement économique, de rayonnement, de tourisme, elle apporte aussi d’importants désagréments : un trafic routier important, congestionné à chaque période de vacances d’été ou d’hiver, des bouchons de Dardilly jusqu’à Perrache tous les jours, des échangeurs saturés, un tunnel routier sur-fréquenté, symbole des chassés croisés de l’été, des nuisances visuelles et sonores pour les riverains, et surtout une pollution importante, trop importante pour notre agglomération.

Mes chers collègues, l’autoroute A6-A7 qui traverse notre agglomération est une balafre qui la défigure, qui constitue un véritable scandale urbanistique et écologique : l’une des autoroutes les plus fréquentées de France qui passe en plein cœur de sa 2ème plus grande agglomération !

Aujourd’hui, après plusieurs mois d’échanges et suite à l’accord du Secrétaire d’État aux transports, nous avons la possibilité de déclasser cette autoroute. C’est là une opportunité historique, qu’il nous faut saisir pour mettre fin à cette aberration dont nous subissons les méfaits depuis 45 ans ; depuis le 8 décembre 1971 exactement, date de l’ouverture du tunnel sous Fourvière.

Ce déclassement est la première pierre d’un réaménagement urbain majeur.

La totalité du trafic ne va pas s’évaporer du jour au lendemain, c’est pourquoi il faut prévoir, et c’est notre première urgence, son report partiel sur d’autres axes de communication. Notre agglomération n’en manque pas mais ils sont soit mal raccordés, soit mal utilisés et il faut rapidement trouver les moyens d’inciter à leur usage.

C’est ainsi que plusieurs chantiers vont être lancés en parallèle :

  • Le chantier du déclassement de l’autoroute, de l’échangeur de la Garde à Limonest/Dardilly jusqu’à Pierre-Bénite, par tronçons successifs. Il s’agira de modifier la signalétique, de diminuer les vitesses, d’aménager et de végétaliser, de créer des voies réservées aux transports en commun, aux taxis et à l’auto-partage.
  • Pour cela, il s’agira d’interdire le trafic de transit de poids lourds sur cet axe.
  • Concernant le trafic pendulaire, il conviendra d’améliorer la desserte en transports en commun et de multiplier les parkings relais aux portes de l’agglomération.
  • A l’horizon 2025 est prévue la réalisation du grand contournement de Lyon, qu’il faudra boucler à l’est, si c’est l’option retenue par l’Etat, et concrétiser à l’ouest avec le lancement du projet de l’Anneau des sciences. Pour parvenir à réguler le trafic, tout en maintenant une desserte équilibrée de l’agglomération, la question doit en effet se traiter dans son ensemble. Ainsi, il faudra également traiter la question du raccordement des autoroutes entrantes en réalisant notamment le barreau nord A89-A6 manquant et en traitant la question de l’arrivée de l’A45 dans la métropole, inacceptable en l’état. C’est pour cela qu’il faut lancer sans délai les études pour relier l’A45 à l’A46.

Bien sûr ce projet réclame:

  • L’accord de tous pour se lancer dans ce challenge. Mais je crois que nous sommes tous ici persuadés de la chance historique qui s’offre à nous et de l’urgence à agir au regard des derniers classements de notre agglomération en termes de qualité de l’air.
  • L’accord de chacun aussi, sur les modalités de mise en œuvre. Pour parvenir à un équilibre global, il y aura nécessairement des nuisances temporaires : c’est là le propre de tout projet d’envergure. Nous pouvons préférer continuer à ne rien faire pendant encore des décennies, mais ce serait bien sûr une erreur fondamentale. La chance que nous avons aujourd’hui est historique et nos concitoyens le savent.

Nous avons le devoir de tout mettre en œuvre pour gérer au mieux la période de transition jusqu’à l’achèvement du projet ; ceci d’autant mieux que nous travaillerons en bonne coordination avec toutes les communes concernées. Parce que notre objectif final est commun : viser une Métropole attractive, mobile et agréable à vivre.. .

Ce projet nécessitera bien sûr un effort financier de la collectivité. Il convient que nous puissions en débattre sereinement lorsque les équipes auront avancé dans les études en cours.

Voilà mes chers collègues, ce que je voulais dire au sujet de ce beau projet.

Saisissons nous de cette opportunité et mettons-nous au travail : le défi est grand mais il y a urgence à agir et à éloigner le risque d’asphyxie qui pèse sur notre Métropole.

Le travail ne fait que commencer, il sera réalisé par phases avec des transitions jalonnées. Il sera aussi réalisé à la lumière des erreurs du passé qu’il nous faut gommer progressivement.

Je vous remercie.

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