Plan Oxygène

Intervention – Anne Brugnera
Plan Oxygène
Conseil Métropolitain du lundi 27 juin 2016

 

Seul le prononcé fait foi

 

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs, cher(e)s collègues,

La qualité de l’air est une préoccupation pour nous tous car bien plus que notre confort de vie, elle impacte directement notre santé.

Une étude publiée la semaine dernière par « Santé publique France » estime à 48 000 le nombre de décès prématurés en France attribuables à la pollution de l’air. Cela fait de cette dernière l’une des causes majeures de décès juste derrière le tabac et l’alcool.

Au cours de ces 10 dernières années, grâce à une politique du Grand Lyon engagée et volontariste, nous sommes parvenus à obtenir des résultats notables : une baisse de 85% des dioxines, de 74% des oxydes de soufre, de 50% du dioxyde d’azote et des particules fines sur notre territoire.

Néanmoins ces niveaux restent encore trop élevés et continuent à porter atteinte à notre santé, comme l’illustrent les 42 jours de l’année 2015 durant lesquels le dispositif préfectoral d’alerte pollution a été déclenché.

Les particules fines, responsables des ¾ de ces déclenchements, sont issues des activités industrielles pour environ un tiers, du transport pour un autre tiers et de l’activité résidentielle et tertiaire, et notamment du chauffage au bois individuel non performant.

Face à ce constat préoccupant, la Métropole de Lyon a choisi d’intensifier son action en s’inscrivant très rapidement dans l’appel à projet « Ville respirable » lancé par l’État en 2015.

Notre Plan Oxygène se traduira par nombre de mesures très concrètes pour développer les transports en commun tel le Métro jusqu’aux hôpitaux Sud et le T6 jusqu’aux hôpitaux Est, pour inciter fortement aux mobilités actives c’est-à-dire aider nos concitoyens à abandonner la voiture pour le vélo ou la marche.

Il prévoit aussi d’améliorer l’isolation thermique des logements et de soutenir le renouvellement des chauffages individuels au bois non performants qui représentent 8 % des ménages mais qui sont responsables d’une part considérable de la pollution (¼ des émissions de particules).

D’autres mesures innovantes, comme des audits énergétiques des entreprises ou la mise en œuvre d’une charte « chantiers propres » seront également développées. Et bien sûr et toujours, le soutien aux énergies renouvelables et récupérables.

Ce plan comprend enfin des projets relatifs aux grandes infrastructures, qui marqueront fortement le paysage de notre Métropole mais qui auront aussi un impact majeur sur la qualité de l’air:

  • Réduction puis interdiction totale des poids-lourds sous le tunnel de Fourvière d’ici 2020,
  • Création d’une zone de circulation à faible émission de pollution au cœur de notre agglomération dès 2017, d’où seront progressivement exclus les poids-lourds et utilitaires les plus polluants
  • Déclassement de l’autoroute A6/A7, de Limonest à Pierre-Bénite, dont nous reparlerons au prochain conseil, et dans ce cadre, mise en place d’une voie réservée aux transports en commun et aux taxis,
  • Et étude de la réalisation à plus long terme – d’ici 2030 – de l’anneau des sciences.

Je note, pour finir, la prise en compte de la thématique de la qualité de l’air dans le plan climat énergie territorial, dans la révision du PLU-H et du PDU, à mon sens un début notable de la prise en compte de cet indicateur dans l’ensemble de nos politiques publiques.

Sur la forme, mes chers collègues, je veux souligner également la volonté d’associer les habitants et les territoires puisque les propositions seront soumises à leur consultation pour aboutir à un programme fin 2016 et à un calendrier de mise en œuvre jusqu’en 2020.

Car la réussite d’un programme de cette ambition dépend bien sûr de la nécessaire implication des communes et de chacun d’entre nous : pour relever un tel défi de santé publique, nous devons tous travailler de concert.

Il est évident que de telles réalisations à l’échelle métropolitaine ne pourront voir le jour qu’avec l’adhésion de tous et notamment des communes impactées.

Contrairement à ce que nous voyons ailleurs, nous refusons de jouer les territoires les uns contre les autres : l’enjeu majeur, celui de la qualité de vie et de la santé de nos concitoyens, réclame une vision partagée et un travail collectif tel que celui entamé lors de la réunion des Maires du 7 avril dernier.

Les groupes Rassemblement démocrate et Socialistes et républicains métropolitains voteront avec enthousiasme ce rapport qui traduit l’engagement plein et entier de la Métropole pour l’amélioration de la qualité de l’air et s’impliqueront totalement dans le chantier historique, pour notre agglomération, de déclassement de l’autoroute A6/A7.

Je vous remercie.

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