Mise en place d’une déchèterie fluviale

Intervention – Roland Bernard
Mise en place d’une déchèterie fluviale
Conseil métropolitain du 21 mars 2016

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le président, chers collègues,

La collecte et le tri des déchets est un enjeu important pour une Métropole comme la nôtre, que ce soit en terme de salubrité publique, de responsabilité écologique, ou encore de contraintes budgétaires.

Nous le savons tous, nous sommes désormais confrontés à une saturation des déchetteries de Lyon et Villeurbanne, ce qui se traduit par une plus grande difficulté pour nos concitoyens à se débarrasser de leurs déchets encombrants. Pour la Métropole, cela représente un risque d’augmentation des coûts de retraitement des déchets, notamment par l’augmentation des dépôts sauvages qui représentent déjà près de 13 000 tonnes de déchets par an pour un coût 3 à 4 fois supérieur à la tonne collectée en déchetterie.

Il est donc urgent de renforcer l’accessibilité à des lieux de dépôts de déchets et l’expérimentation de cette déchetterie fluviale peut ouvrir une solution pérenne et efficace.

En effet, les problématiques foncières que nous connaissons, tant sur Lyon que sur Villeurbanne, rendent hautement improbable, si ce n’est impossible, la construction de nouvelles déchetteries sur ces deux villes.

De plus, la diminution de la part des voitures en ville, qui est une très bonne chose, se traduit mécaniquement par une diminution de la capacité de transports de leurs déchets par nos concitoyens, vers des déchèteries moins saturées mais plus lointaines. A l’heure où nous défendons une diminution du nombre de trajets effectués en voiture, une telle solution serait anachronique et ne ferait que déplacer le problème.

Issue d’un partenariat public-privé, impliquant Suez Environnement, la Compagnie Fluviale de Transport, la Compagnie Nationale du Rhône et les Voies Navigables de France, l’expérimentation qui vous est soumise aujourd’hui est particulièrement prometteuse et a de nombreux mérites.

Le premier est de proposer une alternative à l’ouverture d’une nouvelle déchetterie traditionnelle, d’économiser ainsi un espace urbain et de le préserver pour d’autres projets.

Le second est d’être un dispositif flexible, facilement adaptable aux besoins présents et à venir. Une déchèterie fluviale présente en effet l’avantage de pouvoir potentiellement répondre à une forte croissance de la demande, en augmentant les cadencements, le nombre de jours d’activité etc…

Le troisième est de favoriser la proximité avec nos usagers grâce à l’itinérance de la déchetterie fluviale. Si elle disposera, pour l’heure, de deux points d’ancrages possibles sur la Saône, nous savons que, si l’expérimentation fonctionne, elle pourra se déployer sur 10 sites déjà identifiés, sur la Saône comme sur le Rhône.

Le quatrième enfin, c’est que cette initiative renforce la prise en compte de nos capacités fluviales dans notre stratégie de développement urbain. Par-là, nous reconnaissons nos fleuves comme voies structurantes pour nos politiques de déplacement et comme vecteurs d’amélioration de la qualité de vie de nos habitants.

Il s’agit donc d’un projet ambitieux et novateur qui s’inscrit pleinement dans notre politique d’expérimentations, cœur de notre stratégie de développement. Elle s’inscrit également dans notre volonté de favoriser les actions partenariales et permet ainsi de respecter notre obligation de maîtrise budgétaire, avec une participation de la Métropole à hauteur de 400 000 € pour une enveloppe globale de 2 434 268 euros hors taxes.

Cette expérimentation s’étendra sur deux ans, de septembre 2016 à septembre 2018.

Je vous remercie.

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