BUDGET 2016

Intervention – Anne Brugnera
BUDGET 2016
Conseil métropolitain du 21 mars 2016

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Président, mes cher(e)s collègues,

Le groupe Socialistes et républicains métropolitains a déjà eu l’occasion, lors du débat d’orientation budgétaire, d’affirmer tout son soutien à la politique budgétaire et financière de notre institution.

Comme j’ai pu le dire alors, confrontée à une situation économique difficile, entre morosité économique mondiale, nationale et régionale, redressement des comptes publics, baisse des dotations et accroissement des dépenses à caractère social issues de ce même contexte de crise, la Métropole présente un budget qui préserve la santé financière de l’institution en même temps que l’investissement sur ses territoires.

Prise au cœur du fameux effet ciseaux, entre hausse mécanique des dépenses et baisse imposée des recettes, nous parvenons à garantir le présent et à préparer l’avenir. A défaut de pouvoir toujours faire plus, grâce à la mise en place de la Métropole notamment nous mettons tout en place pour faire mieux.

En menant à la fois un travail de cadrage ambitieux de nos dépenses de fonctionnement, un travail de gestion active de la dette, de mutualisation et de refonte des politiques et des services, nous travaillons la structure de notre institution pour la rendre plus efficace, plus performante au service des grands lyonnais.

Le Budget Prévisionnel 2016 de la Métropole de Lyon vient de nous être présenté et je veux, au nom de mon groupe, porter l’attention sur quelques-unes de ses caractéristiques.

Tout d’abord l’ampleur de ce budget : 3,1 milliards d’euros c’est considérable. Nos dépenses sont consacrées à 31% à nos compétences sociales, 17% aux dépenses de personnel et 10% de reversement aux communes.

Concernant nos ressources, nous entendrons certainement des critiques quant à nos taux d’imposition. Aussi je me permets d’attirer votre attention sur cette imposition d’une part des entreprises, d’autre part des ménages.

Concernant les entreprises, gardons à l’esprit que notre politique économique métropolitaine est résolument tournée vers l’attractivité ; elle nous a permis de créer près de 3000 entreprises supplémentaires par an entre 2003 et 2013 et, dans leur sillage, près de 4000 emplois salariés par an, quand, depuis le début de la crise économique, des milliers d’emplois ont été détruits à travers le pays. Notre politique nous permet de rayonner, d’attirer des entreprises et de créer de l’emploi. Ces mêmes entreprises concourent à hauteur de 30% à notre budget, alors même que nous sommes l’une des agglomérations françaises qui les imposent le moins.

Concernant les ménages, nous sommes aussi une agglomération qui connait les taux d’imposition parmi les plus bas de notre pays. Sur les 15 métropoles et plus grandes agglomérations françaises, la Métropole de Lyon a respectivement le 2e taux le plus bas de taxe d’habitation et le taux le plus bas de taxe foncière.

Être un citoyen de la Métropole de Lyon aujourd’hui, c’est verser en moyenne 300€ d’impôts locaux par an et bénéficier dans le même temps, de près de 1970€ de services de la Métropole, dont 540€ de dépenses sociales et 385€ d’investissement.

Ces ratios ne sont pas le fruit du hasard, mais de notre volonté.

Et on essayera peut-être de nous expliquer que cette Métropole est mal gérée en s’appuyant sur tel ou tel élément budgétaire précis, sorti de son contexte, quand la réalité est que Lyon, non seulement, est classée Métropole française la plus attractive fin 2015 et fait partie du top 20 des métropoles du monde, mais elle fait aussi face à la crise et accompagne ses habitants dans ces temps difficiles grâce à une gestion exemplaire.

Notre agglomération, forte sur ses bases, a continué à se développer malgré la crise, est en capacité d’absorber la baisse des dotations de l’État et assume l’augmentation de ses dépenses sociales par sa capacité à innover, à entraîner et à gérer.

Bien sûr, et cela a déjà été évoqué à de nombreuses reprises, nos ressources vont continuer à évoluer à la baisse du fait de la réduction des financements de l’État. Le manque à gagner sera considérable : 1,2 milliard en cumulé sur la durée du mandat. Mais plus que le montant concerné, plus que la brutalité de cette perte de financements, c’est l’incertitude qui pèse sur nos ressources qui est le plus à craindre.

Une collectivité, tout comme une entreprise, a besoin de stabilité et de visibilité pour établir un budget. Car si un budget ne porte que sur une année, il se construit dans la durée. Comment projeter des investissements, des développements et même des réorganisations de service sans savoir de quoi demain sera fait ?

Aussi il est important de rappeler la saine et prudente gestion de notre collectivité. Cette gestion pragmatique et attentive nous permet de continuer à investir tout en préservant le service aux habitants malgré des moyens en baisse. Elle nous assure d’envisager l’avenir même si nous ne savons pas quels seront les niveaux des dotations de l’État après 2017.

C’est pour cette raison aussi que le chantier marges de manœuvre est si important. Il a pour objectif de réaliser des économies, des gains de productivité et d’efficience pour diminuer nos dépenses de fonctionnement parallèlement à la baisse de nos recettes. Mais il doit aussi, comme son nom l’indique, dégager des marges de manœuvre, c’est-à-dire des moyens nouveaux pour faire face aux imprévus comme pour permettre l’innovation. En effet, rien ne serait plus néfaste que de faire des économies arbitraires, par application d’un ratio mathématique, plutôt que des économies éclairées et différenciées en fonction de nos priorités politiques et des nouveaux besoins de nos territoires. Et c’est bien là tout l’objectif du travail en cours.

Un dernier mot sur les charges financières estimées. Elles ne représentent que 3% de nos dépenses mais font l’objet d’un suivi permanent, d’autant plus attentif concernant les emprunts ultra-toxiques hérités du Conseil Général. Le budget présenté intègre les charges financières de ces emprunts avec les taux de parité que nous connaissons aujourd’hui. Mais rappelons que ces taux sont extrêmement volatiles et qu’1 point de plus représente 4M€ de charges supplémentaires.

Aussi le travail en cours pour restructurer cette dette, et que nous soutenons fortement, permettra d’acquérir une visibilité certaine de ces charges sur le long terme d’enlever cette épée de Damoclès qui plane sur notre collectivité.

Aussi il me semble important de réaffirmer notre confiance dans notre exécutif et dans nos services qui ont géré, depuis de nombreuses années, le budget du Grand Lyon, avant celui de la Métropole ; qui ont conduit à ce budget équilibré et maîtrisé et qui sauront donc trouver l’issue la plus favorable possible pour notre institution en ce qui concerne ce sujet épineux des emprunts toxiques issus du Conseil Général.

Ce BP2016, de part une vision prudentielle, nous permet d’envisager l’avenir proche avec confiance et l’avenir plus lointain avec la certitude que nous saurons collectivement y faire face.

Je vous remercie.

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