Universités

Intervention d’Anne Brugnera
Conseil métropolitain du 21 septembre 2015

Monsieur le Président, chers collègues,

Cette délibération engage la première action de réorganisation de compétences entre la Métropole et l’une des communes qui la compose. Nous nous situons là dans la droite ligne des attendus du Pacte de Cohérence Métropolitain qui est en cours de finalisation.

Dans le projet de pacte présenté lors de la conférence métropolitaine, il est indiqué qu’il doit permettre :

– de mettre en œuvre des politiques publiques métropolitaines plus efficientes, en recherchant les meilleures complémentarités … entre Métropole et Communes ;

– de faciliter la mutualisation et le partage des moyens, … et des expertises pour développer les synergies et accélérer le développement des coopérations ;

– d’expérimenter sur le territoire l’exercice articulé de certaines actions.

La création d’un service commun sur l’université entre la Métropole et la Ville de Lyon répond à ces différentes ambitions.

Les universités et grandes écoles de la Métropole, qui constituent la COMUE (Communautés d’universités et d’établissements), sont réparties sur plusieurs communes. Quatre portent des campus importants et plusieurs d’entre elles ont développé un service municipal ad hoc.

Ainsi, la Ville de Lyon mène une politique communale avec un impact métropolitain, notamment à travers ses actions d’accueil et d’intégration des étudiants, mais aussi de valorisation de la recherche et des formations supérieures, sans se limiter aux étudiants ou aux universités situées sur son seul territoire. Son service Université-Recherche est dédié aux étudiants et répond à deux missions : une mission d’accueil et d’intégration, avec une Maison des Etudiants, un site web, l’organisation de temps forts tel que la Nuit des Etudiants du Monde, et une mission de valorisation des acteurs universitaires avec l’organisation du forum des initiatives étudiantes, le prix du jeune chercheur ou le soutien à l’organisation de colloques et séminaires.

D’un autre côté, la Métropole, héritière de la Communauté Urbaine de Lyon, a développé depuis de nombreuses années un investissement fort auprès des acteurs du monde universitaire et de la recherche. Le pôle universités-recherche fait d’ailleurs figure de priorité pour les investissements publics dans le contrat métropolitain 2016-2020, déclinaison locale du CPER.

L’attractivité internationale de l’université est en effet un enjeu de développement majeur pour notre métropole. J’ai lu il y a peu les résultats d’une étude d’un cabinet britannique sur la valeur ajoutée de 3 universités de recherche française.

Elle montre que chaque euro ajouté au budget des 3 universités génère une valeur ajoutée de 3,96 euros à l’économie européenne, dont 3,81 euros à l’économie française. Chaque emploi directement créé par ces 3 universités génère aussi près de 3,2 emplois dans l’économie française. L’effet levier est considérable. Les résultats de cette étude montrent que le financement des universités de recherche a un effet d’entraînement majeur sur notre économie et sur l’emploi.

Une recherche de pointe et un capital humain de très haut niveau, une formation de qualité et des pôles universitaires d’excellence constituent autant d’atouts, nécessaires, pour permettre à notre métropole de rayonner, d’attirer, de se développer et de tenir ainsi son rang européen.

Très concrètement et à notre échelle métropolitaine, le Schéma de Développement Universitaire a mis en place dès 2010 un cadre stratégique d’action et de coordination, grâce auquel les services universités de la Ville de Lyon et de la Métropole ont mené des projets partenariaux.

L’idée d’un rapprochement plus fort, afin d’optimiser les ressources et de renforcer l’impact des politiques des deux collectivités, est apparue dès 2013.

Cette mise en commun va nous permettre de :

Mener une politique commune à l’échelle la plus pertinente pour l’ensemble des acteurs concernés. Actuellement la dispersion des sites universitaires dans toute l’agglomération atténue leur visibilité. De même la multiplicité des acteurs territoriaux peut affaiblir la pertinence de leurs actions et demande des temps de coordination importants. Enfin, les étudiants vivent la Métropole comme leur bassin de vie sans s’arrêter aux limites géographiques des communes.

– Mener une politique commune plus lisible pour tous : La réunion des deux services va permettre de communiquer de manière plus cohérente, de donner une unité de sens aux différentes actions communes, de réunir les professionnels en une même équipe et de travailler au sein de la Métropole les compétences transversales en proximité avec les autres services impliqués : économie, attractivité internationale, urbanisme, logement, aménagement, transports,…

– Enfin mener une politique commune plus efficace au service des habitants, et notamment des 138.000 étudiants de notre Métropole, grâce notamment à une mise en commun des moyens financiers, humains et à un gain de temps de coordination, grâce à une rationalisation en fusionnant deux équipes et à un redéploiement de l’action sur toutes les communes de la Métropole.

Il s’agit là d’une évolution essentielle dans l’exercice de nos compétences, qui s’adapte ainsi à la réalité du territoire et au vécu de ses habitants. Les étudiants ont besoin d’être accueillis, intégrés, qu’ils habitent Lyon ou Villeurbanne, qu’ils étudient à Bron ou à Ecully. D’ailleurs, les 19 structures formant la COMUE travaillent à un échelon supra-communal.

Cette évolution renforce les moyens d’action de la Métropole, tout en respectant la commune de Lyon, qui fera partie du comité de pilotage du service commun et participera donc à la définition des axes stratégiques et des actions de ce dernier.

Mais pour être les plus efficaces possibles, nous avons besoin de tous les acteurs ; des universités comme des communes.

Je ne doute donc pas, mes cher(e)s collègues, que ce sujet essentiel des universités trouvera toute sa place dans les futurs contrats passés entre Métropole et communes et que nous saurons, ensemble, organiser notre territoire pour un service amélioré à destination de nos concitoyen(ne)s car mieux coordonné, pour un traitement équitable de chacune et de chacun sur tout le territoire métropolitain. Je vous remercie.

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